ECOLO s’inquiète de la volonté française de prolonger Chooz et appelle les autorités belges à la plus grande vigilance

Les écologistes namurois ont appris ce jour avec étonnement et inquiétude la décision de principe des autorités françaises de prolonger de vingt ans la vie de la centrale nucléaire de Chooz. Ils s’étonnent de l’absence de concertation des autorités locales et fédérales belges quant à cette décision lourde de sens.

Publié le lundi 16 décembre 2013

Pour rappel, EDF a annoncé ce jeudi des travaux de sécurisation de la centrale nucléaire de Chooz en vue la prolongation de l’exploitation de cette centrale, infrastructure véritablement enclavée en territoire belge, à proximité des communes de Hastière et Beauraing. Si on peut, dès lors qu’une centrale nucléaire existe, se réjouir que tout soit mis en œuvre pour en limiter les risques, les écologistes ne peuvent être d’accord avec cette prolongation de vie. L’objectif d’EDF et à travers elle, de l’État français, serait d’allonger la durée de vie de la centrale de 40 à 60 ans. De la sorte, les autorités hexagonales semblent vouloir jouer aux apprentis-sorciers en prolongeant sur une durée aussi longue ses centrales. Aucune centrale nucléaire au Monde n’a fonctionné pendant une durée aussi longue. Comment imaginer qu’une centrale nucléaire initialement conçue pour une durée de vie de trente ans puisse fonctionner vingt ans de plus sans conséquence.

Pour ECOLO, il est inconcevable qu’un tel projet au vu des conséquences transfrontalières possibles, dès lors que les risques potentiels de cette centrale aussi proche de notre territoire sont surtout belges, n’ait fait pas fait l’objet d’une concertation avec le gouvernement fédéral qui demeure compétent en matière d’énergie et de sécurité nucléaire. Georges Gilkinet interrogera rapidement la Ministre de l’Intérieur afin de savoir si la Belgique a été associée à cette décision. Il l’invitera à faire part des inquiétudes belge vis-à-vis de ce projet.

En 2003, ECOLO a été à l’origine de la sortie du nucléaire en Belgique et de l’investissement dans les économies d’énergie et dans les énergies renouvelables qui en a découlé. Si la résistance des majorités fédérales qui se sont succédé depuis lors a malheureusement ralenti ce processus, il n’en reste pas moins que la fin de cette énergie dangereuse est programmée à moyen terme dans notre pays, comme cela a été confirmé très récemment. Le choix français de prolonger Chooz de 30 ans n’en est que plus regrettable dès lors que les moyens qui y sont consacrés ne pourront être utilisés à d’autres fins, plus durables. A nos yeux, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les filières économiques actives dans l’énergie renouvelable et la réduction de la consommation énergétique plutôt qu’investir dans unes source d’énergie du passé.

Georges Gilkinet

Député fédéral

Patrick Dupriez

Président du Parlement wallon

Député de la Fédération Wallonie-Bruxelles