Communiqué de presse Ecolo

Pour une solution rapide : un peu de sérieux et d’efficacité…

Publié le vendredi 18 décembre 2009

Les autorités locales beaurinoises et le député wallon Willy Borsus se sont récemment associés pour solliciter du Ministre de l’Aménagement du territoire, Philippe Henry, une décision rapide d’octroi de permis afin de « finaliser » le contournement de Beauraing.

Le Ministre a finalement décidé de retirer le permis accordé en 2004 et s’est engagé à chercher une solution rapide et solide aux problèmes de sécurité et de mobilité vécu par les habitants de Beauraing.

Face aux critiques simplistes sinon mensongères de certains, il nous a semblé utile de rappeler quelques éléments historiques de ce dossier et d’esquisser des pistes pour le futur.

Il apparait clairement en effet que le retard pris dans ce dossier n’est nullement lié à l’attentisme du Ministre actuel mais bien aux inconséquences de décisions non concertées et non motivées du gouvernement précédent :

1. En juillet 2004, le Ministre Foret refuse d’accorder le permis sollicité pour le contournement de Beauraing tel que proposé. Ce refus était, entre autre, basé sur la traversée non justifiée d’une zone Natura 2000 et sur l’absence d’analyse sérieuse d’incidences environnementales.

2. Deux mois plus tard, en août 2004, sans doute soumis à une forte pression politique, le ministre Antoine annule la décision et octroie le permis. Il le fait sans répondre - et c’est grave ! – aux problèmes de fond qui avaient justifié le refus du Ministre Foret.

3. Durant les 5 années suivantes, le Ministre Daerden, en charge des travaux publics, ne prévoit pas les budgets nécessaires à la réalisation du contournement. Le projet reste donc à quai alors que le permis de 2004 expire en août 2009.

4. A ces inconséquences s’ajoutent :

- le recours contre le permis introduit par Inter-environnement Wallonie et Natagora qui aboutira probablement à son annulation prochaine, y compris pour la partie déjà réalisée. L’avis rendu par l’auditeur du Conseil d’Etat est en effet particulièrement critique sur le permis accordé par à l’époque par André Antoine.

- les avis négatifs rendus par les Administrations de l’urbanisme et de l’environnement sont négatifs concernant ce dossier.

Comme quoi, la précipitation et l’effet d’annonce ne sont pas toujours gage d’avancement rapide de projets.

Ré-octroyer simplement le permis accordé de façon excessivement légère en 2004 comme demandé par Messieurs Maene et Borsus aurait donc été tout simplement irresponsable au vu du fait que celui-ci sera probablement annulé dans plusieurs mois avec tout le temps perdu que cela entraînerait.

Pour ne plus perdre de temps, justement, il convient de reprendre ce dossier avec volontarisme, rigueur et efficacité.

1. Se repencher sur le dossier pour dégager la solution la plus pragmatique possible en analysant le trafic transitant par le centre de Beauraing et ses implications, en examinant des alternatives de tracés moins lourdes et éventuellement moins coûteuses et répondant au mieux aux problèmes de sécurité et de mobilité identifiés.

2. Répondre de façon correcte aux remarques émises par les différentes instances, en particulier concernant les impacts sur l’environnement.

3. Organiser rapidement la concertation qui a cruellement manqué depuis 6 ans entre les administrations concernées par ce dossier (DNF, DGO1, O3, 04…), les cabinets du Ministre Henry et du Ministre Lutgen en charge des travaux publics et la commune de Beauraing pour dégager une solution partagée par tous les responsables. Selon nos informations, une première réunion serait déjà programmée début janvier.

4. Octroyer un permis fiable, motivé et adapté associé à une planification réaliste des travaux.

En ce sens, les représentants locaux d’Ecolo tiennent à évoquer la possibilité d’alternatives au tracé proposé actuellement pour contourner Beauraing.

Cette possibilité devra être étudiée avec la DNF et les autorités locales.

Loin de l’attentisme dénoncé, le Ministre Henry fait ici de façon volontariste le nécessaire pour remettre de l’ordre dans un dossier à l’héritage hasardeux afin de dégager le plus vite possible une solution aux problèmes de mobilité légitimement dénoncés par les habitants de Beauraing.

Nous nous en réjouissons.

Plus largement cependant, Ecolo tient également à attirer l’attention sur le fait que la réalisation de contournements routiers doit être réfléchie au regard de choix budgétaires qui s’inscrivent dans la durée.

L’engorgement du centre de nos petites villes rurales est, entre autres, le résultat désastreux de l’urbanisation « en ruban » le long des nationales des dernières décennies qui a amené un nombre croissant de personnes à être dépendantes de l’automobile pour tous leurs déplacements, conduisant lentement mais sûrement à la congestion et à la frustration de tous les usagers.

Dévier la circulation automobile pour fluidifier le trafic et favoriser le transit routier renforce l’attractivité des modes de déplacement automobiles au détriment de nouvelles politiques de mobilité nécessaires dans une perspective de développement durable.

Le coût estimé de la troisième phase du contournement Beauraing s’élève à près de 3.500.00 €. Il y a donc bien lieu de mettre tout en oeuvre pour que chaque euro soit dépensé le plus efficacement possible.

Dominique Testaert Secrétaire régional d’Ecolo Dinant-Philippeville

Patrick Dupriez Député wallon 0478/43 13

Article paru dans le Vers l’Avenir du 28 décembre 2009